Eurovélo 6 : ça va partir

Eurovélo 6 : ça va partir

J -6

Cette fois-ci l’excitation monte d’un cran car le grand départ de ce qui devrait être le plus long trajet de ma vie de cycliste c’est le 6 juillet à St Brévin les Pins… 3000 kms jusqu’à Budapest … en 1 mois …
Colin flippe un peu car pour lui c’est la grande inconnue … mais on sera 2 à se soutenir au jour le jour … j’espère que d’ici là la canicule le long de la Loire aura disparu … et qu’on aura une bonne météo c’est à dire sans fortes chaleurs et sans pluie…. Comme l’année dernière je soutiens par ce périple l’association Cirkosud .. ce sera la dernière fois et j’espère bien que notre collecte va être un succès car ils le méritent bien…
Nous on va rouler 3 ou 4 semaines mais eux ils font un travail formidable toute l’année. Alors on compte sur vous pour les aider encore une fois .. même les tous petits dons sont les bienvenus …

Voici le lien vers la collecte :

https://6ewlx.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/SMK1E8tHeG8HqnYYrlK5Wl5Frm0B/RXMcOzD79mb1

Et pour nous suivre sur Polarsteps c’est ici :

https://www.polarsteps.com/DanielPilat1/26611958-de-st-brevin-a-budapest-sur-leurovelo-6

Alors à très vite car nous commenterons chacune de nos étapes à tour de rôle Colin et moi ….

Vive le vélo et vive l’Eurovelo 6

la Bonette

la Bonette

J’ai tellement écrit sur la cime de la Bonette que je ne vais pas répéter ce que j’en dis dans mes livres…

Je parlerai donc juste de mon expérience de ces derniers jours .

Cela fait quelques semaines que je ressens l’appel des grands cols et bien entendu la cime de la Bonette en fait partie … je la gravis chaque année au moins une fois et j’ai décidé de le faire il y a 2 semaines en partant du hameau de la Bollinette dans la vallée de la Tinée .. c’était un dimanche ce qui n’est pas une bonne idée car il y a énormément de motards les WE dès le début du mois de juin ( en juillet et août il y en a tous les jours même en semaine ) …mais c’était encore supportable par rapport à ce que j’ai connu parfois … en partant de la Bollinette il faut rouler plus de 30 kms de faux plat montant pour arriver à St Étienne de Tinée qui est le véritable pied de l’ascension …puis on grimpe pendant 25 kms jusqu’à la cime ( 2802 m point le plus haut des Alpes ) … j’ai déjà expliqué que les panneaux qui annoncent la cime de la Bonette comme étant la plus haute route d’Europe sont des fake News ( c’est la sierra Nevada dans le sud de l’Espagne …).

Avec la chaleur qui commençait à s’installer dans les vallées et deux sorties difficiles les jours précédents, je suis arrivé à St Etienne bien fatigué et j’ai senti tout de suite que la montée ne serait pas un long fleuve tranquille …et ce ne le fut pas … j’avais les jambes très dures, je subissais la route et chaque km parcouru me parut interminable … passé le hameau de Bousieyas … j’eu toutes les peines du monde a atteindre le camp des fourches et je décidai d’arrêter là … il restait 8 kms mais je n’avais plus le mental ni les jambes pour les avaler

Fin de l’acte 1….

Évidemment ce genre d’échec ne doit pas occuper l’esprit trop longtemps car il introduit le doute dans la tête …

J’ai donc décidé de revenir très vite pour effacer cette sortie et retenter l’ascension

C’était le jeudi suivant mais cette fois ci je décidai de me contenter d’un départ à St Etienne de Tinée … pas question de me griller sur les plus de 30 kms de faux plat

J’étais bien reposé depuis le 1er épisode et je sentis tout de suite que les voyants étaient de nouveau au vert … en fait j’avais de très bonnes sensations et cette fois ci c’est moi qui dominais la route …

Quel plaisir de voir les kms avalés au même rythme et sans sentir de coups de « moins bien »… A partir du camp des fourches où j’avais fait demi tour 4 jours plus tôt, de nombreux nuages ont commencé à remplir le ciel et la cime ( qu’on voit très bien depuis les lacets au dessus de Bousieyas ) est même devenu blanche car de la grêle s’est mise à tomber dessus …

j’étais encore loin du sommet mais cela devenait plutôt inquiétant … des coups de tonnerre et des éclairs ont même commencé à fendre le ciel … des cyclistes qui redescendaient ont cru bon de me prévenir ; « ça grêle fort au sommet »

J’ai continué à rouler tant que je ne ressentais pas de gouttes de pluie et celles ci ont commencé à moins de 2 kms du sommet .. c’était même de petits grêlons et j’ai aussitôt fait demi tour pour échapper à ce qui ressemblait bien à un début d’enfer … la Bonette ne voulait pas de cyclistes sur ses flans ce jour là … la dame est parfois susceptible et il ne faut surtout pas essayer de la braver …

Je devrai donc revenir d’ici le mois de septembre pour pouvoir dire que j’ai gravi la Bonette en 2026.

En redescendant j’ai décidé d’aller au village de St Dalmas le selvage mais la pluie m’a rattrapé et je n’ai fait qu’un petit tour dans le village ( très charmant au demeurant ) mais j’y reviendrai car c’est le début de l’ascension du col de la Moutiere (2444 m ) que j’avais descendu il y a quelques années en étant monté d’abord à la Bonette … je ne l’ai jamais monté de ce côté … c’est la dernière grosse ascension qu’il me reste à faire

Et pour le coup je la tenterai bien depuis la Bollinette histoire d’effacer ma contre performance d’il y a 2 semaines ..

cols Couillole + Sinne

cols Couillole + Sinne

Pour la première fois de l’année j’ai enchaîné 2 gros cols : le col de la Couillole par son versant Tinee ( 16 km entre 7 et 8% ) et le col de la Sinne par son versant Cians ( 12 km avec plusieurs kms au dessus de 10% )

J’ai très bien monté la Couillole que j’avais gravi pour la dernière fois en 2024 pour l’avant dernière étape du Tour ( mais j’étais avec mon VTC et des bagages ) .. cette fois ci j’étais en mode compète. J’ai eu de belles sensations tout au long de l’ascension …

Je suis parti du hameau de la Courbaisse au début de la vallée de la Tinee .. il faut rouler sur un faux plat montant d’une vingtaine de kms jusqu’à St Sauveur sur Tinee avant d’attaquer le col de la Couillole.. la montée est très régulière il n’y a que dans les 2 derniers kms qu’on est un peu au dessus des 8% … c’est la première fois que je le trouve facile …

Je suis descendu sur Beuil puis par les gorges du Cians jusqu’à Pra d’Astier et j’ai pris la route très spectaculaire qui monte vers Pierlas et le col de la Sinne … et bien les amis , cette montée est une tuerie ..

il faut dire que j’ai cumulé plusieurs difficultés : c’était mon 2 ème col et je l’ai monté en pleine chaleur … il est vrai que la route est encaissée dans des gorges très sèches sans aucune ombre …c’est costaud dans de telles conditions …

Il y a notamment un enchaînement de lacets très serrés à plus de 10% … ça fait très très mal aux jambes … à mi parcours on arrive au village de Pierlas mais on est encore loin du col … la route monte encore plus après le village ( passages à 12% sur plusieurs centaines de m ). J’ai vraiment souffert dans ce col qui heureusement s’adoucit sur la fin . D’ailleurs le paysage change du tout au tout dans les derniers kms car on trouve de la forêt et même des prés vers le haut … incroyable un tel changement en quelques kms … la descente côté Tinee est sublime avec des vues somptueuses sur le village d’Ilonse et sur les montagnes de la Tinée… la route est longue pour rejoindre la vallée ( 14 km )

J’ai terminé avec le vent de face dans la vallée ce qui est très fréquent en début d’après midi … j’ai retrouvé mon van à la Courbaisse … le tout fait 102 kms et presque 2500 m de D+ …. Respect

mont Pilat

mont Pilat

Une fois n’est pas coutume j’ai fait des infidélités aux routes des Alpes maritimes

J’ai profité d’un séjour chez mon fils Colin à St Fons ( banlieue sud de Lyon ) pour m’offrir une superbe sortie de 132 kms

Je suis parti de chez lui pour grimper au sommet du Mont Pilat … je faisais ce parcours lorsque j’habitais chez mes parents à Vénissieux … c’est une longue sortie assez éprouvante qui permet de rouler dans des paysages très différents au fur et à mesure du trajet

Il faut tout d’abord atteindre Givors par le CD12 qui est une route peu fréquentée qui longe l’autoroute A7 en grande partie . Certes le paysage est industriel ( on longe les usines de la vallée de la chimie, pas de quoi sauter au plafond ).. mais c’est le passage obligé .. à partir de Givors changement de décor : la route monte pendant 10 km jusqu’au lieu dit « la croix Regis »… plus d’usines, plus de circulation ,plus de bruit,on est  dans une très belle campagne .. on commence à apercevoir au loin l’émetteur TV qui se trouve au sommet du Mont Pilat … mais qu’il paraît encore loin … et effectivement il y a plus de 40 km depuis Givors pour l’atteindre .A la croix Regis la route descend pendant quelques kms … il n’y a pas d’indications pour le Mont Pilat et je me suis trompé à 2 reprises . J’ai dû recourir au GPS pour trouver la meilleure route et celle ci conduit au village de Pélussin … ici on est dans le parc du Pilat et j’avoue avoir une petite fierté à rouler dans un parc qui porte mon nom … je me sens presque chez moi

De Pelussin la route monte encore pendant 14 kms jusqu’à l’émetteur .

Déjà un peu avant Pélussin le sommet paraît tout près mais c’est trompeur car la montée est longue … mais pas très difficile sauf les 2 derniers kms pour arriver à l’émetteur lui même qui sont à plus de 8% … au sommet ( 1361 m ) la vue à 360 degrés est magnifique : on aperçoit le fleuve Rhône qui descend vers le midi,

et au delà on voit toute  la chaîne des Alpes du nord … de l’autre côté on  donne sur les montagnes du massif central et l’Ardèche toute proche …

Cette vision me rappelle le Ventoux,la madone d’Utelle et le Mont  Vial … c’est la même sensation de domination des pauvres mortels qui vivent dans les vallées

Je suis revenu par la vallée du Rhône en descendant sur Condrieu .. j’ai roulé ensuite  sur la Via Rhôna ce qui m’a donné un aperçu de ce qui m’attend en juillet sur l’Eurovelo6 …la descente sur Condrieu au milieu des vignes est très belle et ensuite on roule au pied des vignobles mythiques que sont le Condrieu et le Côté rôtie …. Quel régal

La Via Rhôna permet d’éviter de rouler sur la RN86 qui est assez empruntée, certains passages sont très jolis comme sur la commune d’Ampuis … on arrive ainsi jusqu’à Vienne ( en fait on reste sur la rive droite du Rhône et Vienne est sur la rive gauche ) . On passe juste à côté du musée Gallo romain de St Romain en gal

J’ai eu un peu de mal à suivre la piste par endroits car elle n’est pas complètement continue ( ou alors j’ai raté quelquechose )

À Givors je suis revenu par le CD12 comme à l’aller …. Bien cuit en arrivant en tout cas mais bien content d’avoir revu mes coins de jeunesse ..vive le Pilat

Madone d’Utelle

Madone d’Utelle

Je voulais me frotter de nouveau à cette grimpée infernale entre la Tour sur Tinée et Utelle et je me suis bien fait mal aux jambes … car cette montée est très difficile avec même un passage à 21% … j’en parle déjà dans mes premiers livres . Je l’ai gravie hier en partant de St Jeannet . Je suis même monté jusqu’à la Madone d’Utelle qui se trouve 6 kms plus haut que le croisement de cette route infernale …le passage le plus dur se trouve à environ 2 km de la bascule mais c’est vraiment sur 6 kms en continu que l’ascension est dure ( globalement entre 9 et 15% avec donc un passage bref à 21% ) 

la route est en mauvais état avec pas mal de pierres non ramassées ( j’ai même crevé mais c’était juste après la Tour sur Tinée ) 

j’ai mis 1h50 depuis la vallée de la Tinée jusqu’à la table d’orientation de la Madone … c’est dire que cette ascension est à mettre dans la rubrique des gros cols ( avec toutefois une descente de plusieurs kms après  la Tour/ Tinée et une portion presque plate avant l’assaut final ce qui relativise quand même la difficulté finale )

mais vu les courbatures que  j ai ce matin dans les jambes je peux dire que cette ascension n’est pas à prendre à la légère …

je vous aurai prévenu ….