J’ai tellement écrit sur la cime de la Bonette que je ne vais pas répéter ce que j’en dis dans mes livres…
Je parlerai donc juste de mon expérience de ces derniers jours .
Cela fait quelques semaines que je ressens l’appel des grands cols et bien entendu la cime de la Bonette en fait partie … je la gravis chaque année au moins une fois et j’ai décidé de le faire il y a 2 semaines en partant du hameau de la Bollinette dans la vallée de la Tinée .. c’était un dimanche ce qui n’est pas une bonne idée car il y a énormément de motards les WE dès le début du mois de juin ( en juillet et août il y en a tous les jours même en semaine ) …mais c’était encore supportable par rapport à ce que j’ai connu parfois … en partant de la Bollinette il faut rouler plus de 30 kms de faux plat montant pour arriver à St Étienne de Tinée qui est le véritable pied de l’ascension …puis on grimpe pendant 25 kms jusqu’à la cime ( 2802 m point le plus haut des Alpes ) … j’ai déjà expliqué que les panneaux qui annoncent la cime de la Bonette comme étant la plus haute route d’Europe sont des fake News ( c’est la sierra Nevada dans le sud de l’Espagne …).
Avec la chaleur qui commençait à s’installer dans les vallées et deux sorties difficiles les jours précédents, je suis arrivé à St Etienne bien fatigué et j’ai senti tout de suite que la montée ne serait pas un long fleuve tranquille …et ce ne le fut pas … j’avais les jambes très dures, je subissais la route et chaque km parcouru me parut interminable … passé le hameau de Bousieyas … j’eu toutes les peines du monde a atteindre le camp des fourches et je décidai d’arrêter là … il restait 8 kms mais je n’avais plus le mental ni les jambes pour les avaler
Fin de l’acte 1….
Évidemment ce genre d’échec ne doit pas occuper l’esprit trop longtemps car il introduit le doute dans la tête …
J’ai donc décidé de revenir très vite pour effacer cette sortie et retenter l’ascension
C’était le jeudi suivant mais cette fois ci je décidai de me contenter d’un départ à St Etienne de Tinée … pas question de me griller sur les plus de 30 kms de faux plat
J’étais bien reposé depuis le 1er épisode et je sentis tout de suite que les voyants étaient de nouveau au vert … en fait j’avais de très bonnes sensations et cette fois ci c’est moi qui dominais la route …
Quel plaisir de voir les kms avalés au même rythme et sans sentir de coups de « moins bien »… A partir du camp des fourches où j’avais fait demi tour 4 jours plus tôt, de nombreux nuages ont commencé à remplir le ciel et la cime ( qu’on voit très bien depuis les lacets au dessus de Bousieyas ) est même devenu blanche car de la grêle s’est mise à tomber dessus …
j’étais encore loin du sommet mais cela devenait plutôt inquiétant … des coups de tonnerre et des éclairs ont même commencé à fendre le ciel … des cyclistes qui redescendaient ont cru bon de me prévenir ; « ça grêle fort au sommet »
J’ai continué à rouler tant que je ne ressentais pas de gouttes de pluie et celles ci ont commencé à moins de 2 kms du sommet .. c’était même de petits grêlons et j’ai aussitôt fait demi tour pour échapper à ce qui ressemblait bien à un début d’enfer … la Bonette ne voulait pas de cyclistes sur ses flans ce jour là … la dame est parfois susceptible et il ne faut surtout pas essayer de la braver …
Je devrai donc revenir d’ici le mois de septembre pour pouvoir dire que j’ai gravi la Bonette en 2026.
En redescendant j’ai décidé d’aller au village de St Dalmas le selvage mais la pluie m’a rattrapé et je n’ai fait qu’un petit tour dans le village ( très charmant au demeurant ) mais j’y reviendrai car c’est le début de l’ascension du col de la Moutiere (2444 m ) que j’avais descendu il y a quelques années en étant monté d’abord à la Bonette … je ne l’ai jamais monté de ce côté … c’est la dernière grosse ascension qu’il me reste à faire
Et pour le coup je la tenterai bien depuis la Bollinette histoire d’effacer ma contre performance d’il y a 2 semaines ..