La barre des 10000 …

Il y a 2 ans j’avais écrit un texte lorsque j’avais franchi la barre des 8000 km

c’etait à l’automne 2021 et cette barre me paraissait déjà énorme. Ce week end je viens de passer la barre des 10000 km et nous sommes le 8 octobre .. C ´est dire le chemin parcouru .La dernière fois que j’avais franchi 10000 km c’était en 1982, j’avais 23 ans . Cette année là j’avais roulé 17000 km, un Everest que je n’atteindrai plus jamais .Mais 10000 km c’est costaud, surtout quand je me souviens dans quel état j’étais il y a 14 mois, après ma chute au Galibier .
En 2021 j’avais écrit un texte ( qui se trouve dans Tome 1 ) sur la barre des 8000 en clin d’œil à l’altitude de 8000 m qui marque la frontière avec ce que l’homme est capable d’encaisser . En ce mois d’octobre 2023 je reprends ce texte et je l’adapte à ce kilométrage magique que je ne pensais plus jamais atteindre

…. et il me reste plus de 2.5 mois pour aller encore plus haut ….

10000 km c’est :

De la joie et du bonheur …………….beaucoup

De la souffrance et du mal être ……..parfois

Du soleil ……………….plein la tête

De la chaleur ………..souvent

Du froid ……………….souvent aussi

De la grêle ……………deux fois

De la pluie …………… pas mal de fois

De la neige ……………une fois

Des moments d’euphorie ………….assez souvent

Des peurs ………………très peu ( en descentes )

De la sueur …………….des hectolitres

Des pensées et rêveries ……………tout le temps   

Des envies de raccrocher le vélo …………. jamais

Colle Langan ( Italie)

Colle Langan ( Italie)

Le parcours d’aujourd’hui se trouve entièrement en Italie . Il s’agit d’une boucle de 92 km au départ de Vintimille. On emprunte la route de la vallée de la Nervia en passant par les magnifiques villages de Dolceaqua et Pigna .C’est 2 km après ce dernier que la route s’élève à droite pour la montée au colle Langan.Ce col est assez difficile : 11.2 km et 842 m de D+ avec des passages à plus de 11% ( les 2 derniers km sont raides ) .L a route est assez bonne mais l’enrobé est rugueux .Par contre la descente de l’autre côté est en très mauvais état ( nombreux nids de poules très dangereux, je me demande comment je ne suis pas tombé ). On revient ensuite sur la côte jusqu’à Arma di Taggia par la vallée de la rivière Argentina. J’ai eu le vent de face tout le long ce qui n’est pas très agréable . Arrivé sur la côte j’ai repris la piste cyclable du bord de mer jusqu’à ma voiture ( en fait il y a une coupure de cette piste pendant 5 km à la sortie d’Ospedaletti ce qui oblige à repre,dre un moment la route du bord de mer et ses voitures ) .C’est une belle boucle surtout pendant la 1ère moitié et à partir de Dolceaqua ( très peu de circulation après ce village et quasiment pas dans la montée du col ) .La prochaine fois je continuerai la montée au dessus du colle Langan vers le colle Melosa ce qui permet de monter à 1543 m ( presque le Turini ) ….

Pylône de Flaut

Pylône de Flaut

J’avais entendu parler de la montée vers le pylône de Flaut comme de quelquechose hors norme , et bien je vous le confirme : c’est vraiment hors norme .Cette ascension est un cul de sac .Elle commence au pied du Turini, juste au démarrage de l’ascension côté Vésubie.Cela veut dire qu’il faut rouler 47 km depuis le centre de Nice , en passant par Levens, Duranus et Lantosque, avant de commencer à proprement parler cette ascension .A partir de ce point de départ la montée complète est de 6.3 km avec une pente moyenne de 10.4% et le D+ de 653 m.

Mais ce sont les 4 derniers km qui sont terrifiants car ils sont entre 15 et 18% avec un passage à 28% …. dantesque .

Je dois vous avouer que j’ai fait demi tour à 3 km du sommet juste avant ce fameux passage à 28% .J’aurai surement mis pied à terre à cet endroit ( que j’ai vu se dresser devant moi ) mais la raison essentielle est l’état de la route ( enfin si on peut appeler cela une route ) car elle est jonchée de pierres et il est très difficile d’avancer sans tomber .Il y a certes de l’enrobé mais c’est plein de trous .J’ai bien tenté de monter ( je suis quand meme passé dans du 20%) mais c’était impossible … ce n’était plus du vélo de route et puis il fallait redescendre sans risquer la chute . J’ai donc touché du doigt cette ascension ( les premiers km sont quand meme entre 10 et 13 % très souvent )

Je reviendrai,  mais avec mon VTC , dont le développement sera plus adapté ( 36 dents derrière ) et les gros pneus n’auront pas peur des pierres . J’ai quand meme fait 114 bornes et plus de 2000 de D+ ( je pense que celui annoncé par Strava est trop fort ) 

RDV pris pour le pylône de Flaut … cette première approche m’a quand même permis de voir ce à quoi il fallait s’attendre 

Camp d’argent-Authion

Camp d’argent-Authion

Aujourd’hui j’ai remonté le temps …j’ai roulé sur une route d’un autre siècle, l’époque où il n’y avait pas de parapet, où l’herbe poussait au milieu de la route et où les trous étaient légion … cette route c’est le sommet de l’Authion au dessus de Camp d’argent et du col du Turini . J’ai déjà beaucoup parlé du Turini qui est mon col préféré depuis Nice et je n’en rajouterai pas.Je ressentais une très grande solitude dans ce col mais le sommet de l’Authion c’est puissance 10 par comparaison … La route débute depuis le col du Turini et monte très raide jusqu’à une minuscule station de ski dénommée Camp d’argent ( 10/12% ) et se poursuit sur les mêmes bases jusqu’à une croisement .A partir de cet endroit la route est à sens unique pendant 10 km . Elle devient très étroite et ressemble aux routes militaires jamais entretenues pendant des décennies .Vous ne verrez pas grand monde sur cette route ( j’ai croisé 2 voitures ) . La route descend pendant 3 ou 4 km puis remonte dans les 10/11% sur au moins 4 km pour atteindre le point culminant à plus de 2000 m . On redescend ensuite jusqu’au croisement point de départ .La boucle est bouclée .La vue est fantastique ( je pense qu’on doit voir une bonne moitié des Alpes Maritimes)

A un moment on aperçoit au loin les maisons du col du Turini quelques 400 m plus bas .

Revenu au Turini on a le sentiment de retrouver la civilisation c’est très étonnant 

Le retour sur Nice est rapide mais au fond de moi je garde en tête les images de cette route du bout du monde à 60 km de la promenade des Anglais 

Alors je ne peux que vous conseiller de monter vous aussi près des étoiles et de remonter le temps de quelques décennies 

Vous n’allez pas en revenir ….