Fin du rêve

Fin du rêve

J’ai beaucoup de mal à écrire, d’une part moralement, et d’autre part physiquement car je dois m’assoir avec une clavicule cassée (bon ça ça va encore), 2 côtes cassées dont je n’arrive pas à savoir où elles sont exactement, et surtout avec le drain de mon pneumothorax qui doit fonctionner 24/24 jusqu’à lundi…
mais revenons à ces 48 h fatidiques…
La journée de mardi a très bien débutée avec un départ de Belgrade plutôt sympa sur une piste cyclable le long du Danube… c’est l’endroit des festivités semble t il car il y a de nombreuses péniches ou gros bateaux amarrés et qui servent de lieux de détente (exactement comme sur les quais du Rhône à Lyon)
C’est sur plusieurs km et comme je le disais Belgrade s’apprécie au 2eme abord. Ajoutons les rues piétonnes du vieux Belgrade que j’ai parcourues à la fraîche… je repars donc sur une bonne impression.. le reste du parcours a suivi le tracé Eurovelo6 sur de petites routes peu empruntées la plupart du temps mais c’est surtout la chaleur qui était accablante mardi (37 à l’arrivée).
Je pense qu’on a dépassé ce qui est possible pour faire du vélo de routard, surtout avec en plus un poids de 30 kg à balader… je me suis trompé un moment et je me suis retrouvé à monter un raidard d’au moins 12% pour basculer au bord du Danube mais j’ai bifurqué trop tôt et je suis revenu en arrière avec le même raidard mais je pense à 15% celui là… tout ceci dans un micro-onde à au moins 9….
Il me restait 20 km à parcourir dont une petite route très raide également (dans les 8/10) pour basculer sur une route également petite et peu fréquentée… puis filer tranquillement vers mon étape de Novi Sad. la descente était courte et faisait quelques virages seulement et c’est à cet instant, à environ 20/25 à l’heure que j’ai chuté à cause d’un trou que je n’avais pas vu… l’asphalte n’était pas bon mais avec plus de lucidité j’aurais dû l’éviter…
et voilà un putain de trou de 30 cm qui m’empêche de continuer mon rêve… car j’étais dans un rêve depuis 10 jours
Tout se passait à merveille : aucune douleur aux genoux ou aux fessiers, des jambes en pleine bourre… bref j’avais dit que seule une chute pouvait me stopper et ce fut le cas. La chute ne fut pas énorme (mon vélo n’a rien eu) mais comme souvent en vélo c’est ma clavicule et les côtes en dessous qui ont payé l’addition. C’est bien moins grave qu’il y a 3 ans ou j’avais eu en plus un trauma crânien et 2 vertèbres fêlées mais cette fois j’ai en plus un pneumothorax (perforation du poumon gauche) et ça c’est le plus chiant possible car il faut le drainer pendant plusieurs jours…
Je suis quand même parvenu à rallier l’hôtel en roulant tout doucement mais curieusement je n’avais pas très mal… mais ces 16 km m’ont paru quand même un enfer … arrivé à l’hôtel j’ai foncé sous le douche pour constater les dégâts mais je n’avais pas d’autre choix que d’aller aux urgences … le proprio de la chambre (ce n’est pas un vrai hôtel) à qui j’ai expliqué mon malheur au téléphone s’est proposé de m’y emmener en voiture.. c’est ainsi que je suis arrivé à un pôle ultra moderne d’urgences… j’ai été pris en charge tout de suite pour le scanner et des radios et j’ai eu les résultats dans l’heure qui a suivi… jusque là rien à dire…l’urgentiste m’a expliqué le problème de pneumothorax (je connaissais le sujet pour l’avoir évité de peu en 22) et m’a annoncé que j’allais monter en soins intensifs et que le drain serait fait en soirée…
Mettre un drain dans un poumon n’est pas ce que je connais de plus jouissif dans la vie … je vous passerai les détails… mais voilà…. Je n’ai pas eu le choix et maintenant j’attends que ça draine… je suis resté une nuit dans ce service de soins intensifs de 10 lits côte à côte et face à face et c’est là que la blessure morale a commencé… car il avait fallu au préalable que je donne tout ce que j’avais (vêtements passeport téléphone porte feuilles…) je me suis retrouvé à poil comme un prisonnier le 1er jour et surtout impossible de récupérer mon téléphone ne serait ce que pour envoyer un message J’avais eu Sylvia juste avant d’entrer au service mais très brièvement… la 1ere nuit fut pas trop mal malgré un décès dans la nuit juste à côté de moi… je l’ai compris quand j’ai vu le personnel s’agiter et mettre le pauvre type dans un emballage spécial Je pense que c’est leur lot quotidien… l’équipe de nuit était pas mal et assez à l’écoute mais je sentais bien que j’étais pas leur priorité… C’est l’équipe de jour qui m’a fait craquer car j’ai demandé à plusieurs reprises mon téléphone pour envoyer au moins un message et c’était le refus Systématique «  that’s the rules » … quand les médecins sont passés je leur ai dit que j’avais un seul problème c’était mon téléphone… le médecin qui semblait le chef m’a dit «later» mais c’était le matin à 7:30 et ensuite la journée s’est passée sans aucune info…
c’est terrible de ne pas pouvoir communiquer.
J’imaginais sylvia sans nouvelles depuis plus de 18 h… En debut d’après midi devant un nième « be patient » j’ai pris à partie le surveillant chef du service et je me suis lâché ; je lui ai dit en criant presque que c’était une prison non un hôpital, que c’était inhumain, que j’avais le droit en tant que patient d’appeler mes proches que je n’étais pas à moitié mort comme les autres …. Bref il m’a prêté son portable et j ai pu joindre Sylvia pendant 5 mn… évidemment trop courtes…
La pression est retombée ensuite et un chirurgien est venu me voir uniquement moi le soir pour me dire que j’irai le lendemain dans un autre hôpital spécialisé en pulmonaire dont il était un des responsables et qu’on verrait la bas l’évolution du pneumothorax
Je n’ai jamais connu 24:00 aussi stressantes de ma vie… une impression d’emprisonnement au milieu de personnes qui font leur job en t’ignorant
Et encore heureusement que tous parlent anglais.. La 2eme nuit a été un vrai film … J’avais déjà moins la pression je connaissais mon sort à priori mais j aurais aimé avoir mon téléphone… Et alors la est arrivée l’équipe de nuit (une nouvelle équipe)… j’ai d’ailleurs trouvé qu’il y avait un personnel dingue dans cet hosto… imaginez 5 très jeunes femmes entre 1.50 et 1.60 max et plutôt bien enrobées et toutes hyper speed, visiblement ravies d’attaquer la nuit… on aurait dit un film d’animation : ça bougeait dans tous les sens ça parlait et riait fort, une avait même mis de la musique sur son téléphone… incroyable
Et ça a duré comme ça jusqu’à minuit…
un des patients s’est mis à crier des trucs en boucle et un autre lui répondait sans doute de fermer sa gueule Il était en crise de démence et les filles ont fait venir la sécurité de l’hôpital car il commençait à taper sur son lit… ils l’ont maîtrisé et sans doute calmé par piqûres (je ne le voyais pas car il était à l’opposé de la salle)
Bienvenue chez les fous …
Du coup le temps est passé très vite à regarder ce spectacle sur-réaliste et j’ai dormi ensuite, le calme étant revenu.. L’équipe du lendemain paraissait au ralenti à côté de celle de la nuit et était bien plus sympa
On m’a donc transporté en ambulance à l’autre hôpital (il faisait 38 quand je me suis retrouvé dehors) et là je suis passé de l’enfer au paradis car cela n’a rien à voir.. L’accueil fut excellent et depuis, tout le personnel est adorable. ils parlent tous un très bon anglais et semblent ravis d’avoir un Français avec eux
Le médecin de la veille est revenu me voir et m’a tout expliqué.. le drainage est long mais semble bien fonctionner.. Je devrais sortir lundi d’après ses infos ..
Je suis dans une chambre double avec un monsieur de 80 ans du Monténégro très gentil et très discret et qui parle un peu anglais.
Juliette qui avait rejoint Novi Sad un jour après moi (elle fait des étapes plus courtes) s’est transformée en Sherlock Holmes car elle savait juste que j’étais tombé et a l’hôpital (je lui avais envoyé un message pour la prévenir car on devait dîner ensemble) Elle a réussi à contacter Sylvia via Cirkosud et l’hôpital des fous où elle m’a fait savoir qu’elle viendrait me voir à l’autre hôpital… (ça au moins ils me l’ont dit) Incroyable , on n’a fait que 80 km ensemble et elle s’est démenée comme si j’étais un membre de sa famille. Je ne l’oublierai pas . D’ailleurs j’espère bien la revoir en août car elle a un oncle à Tourette sur loup (le monde est petit) et doit passer le voir…

Et bien voilà c’est la fin du périple … je suis très déçu car j’étais parti pour aller au bout mais c’est comme ça… je suis déçu aussi pour mes amis de Cirkosud : Patrick, Florent j’ai pas rempli le contrat…. À part ma chute de 2022 mais c’était sur une course d’un jour, je suis toujours allé au bout de mes rêves (traversée des Alpes traversée des Pyrénées Nice Brest … jusqu’au bout à chaque fois)
Je vais d’ailleurs faire mon don à la collecte aujourd’hui ..,, je vous dois bien ça… et j’espère que tout ceux qui m’ont suivi vont faire pareil pour que ces 10 jours et les 1600km que j’ai parcourus servent un peu à quelque chose…
Je remets la cagnotte https://www.helloasso.com/associations/cirkosud/collectes/help-the-circus

Et puis je vous fais une promesse : je repartirai pour vous en 2026 et je peux même vous dire où et comment car je viens d’échanger avec mon fils Colin qui est d’accord : nous partirons tous les deux d’abord en train jusqu’à Novi Sad puis à vélo de Novi Sad jusqu’à l’Atlantique pour que je puisse terminer avec lui cette putain d’Eurovelo 6…! ….Sous réserve d’accord de Sylvia qui n’est pas emballée par l’idée..
J’attends donc mon rapatriement à Nice sans doute mardi.
Je connais la suite, je l’ai vécue en 2022 Heureusement je suis moins touché que l’autre fois. J’avais repris le vélo 1 mois et 10 j après ma chute… j’imagine que ce sera dans ces eaux là quand même… de la kiné d’épaule à nouveau…. Bref la routine… Mais le vélo sera toujours ma passion… elle n’est pas prête de s’éteindre la flamme..
Je garde dans ma tête les images de ces 2 semaines de liberté : j’ai découvert des pays que je ne connaissais pas, roulé sur des routes de folie (je confirme qu’il faut être un peu cinglé surtout dans ce sens et dans cette chaleur)
Je serai le seul cycliste à avoir parcouru le trajet roumain de l’eurovelo6 d’Est en Ouest pendant cette période… ça au moins on me l’enlèvera pas
Je vais bientôt fermer ce voyage sur Polarsteps
Attendons quand même jusqu’à mardi.. Si j’ai des nouvelles je vous les donnerai

Merci à tous pour m’avoir suivi et encouragé dans ce qui restera un peu plus d’un quart d’Eurovelo 6…
Vive le vélo Vive Cirkosud (ne les oubliez pas )
À bientôt pour de nouvelles aventures

Eurovélo 6

Je suis en plein préparatifs… dans 3 semaines je partirai en avion avec mon vélo vers Constenta en Roumanie …

ce sera le point de départ de la plus importante et excitante ballade à vélo de toute ma vie : 4660 km de la mer Noire à l’Ocean Atlantique, la traversée Est – Ouest de l’Europe en suivant les fleuves ( Danube d’abord que je vais remonter, Rhin et Loire ensuite que je vais descendre ).
Je n’ai jamais roulé tous les jours sur une aussi longue période. C’est le grand inconnu pour moi . D’ailleurs je ne fais aucun pronostic de durée du trajet ( dans les 6 semaines a priori) . Contrairement à l’année dernière je prendrai une tente un matelas et un duvet avec moi car je crains de ne pas trouver de gîtes ou d’hôtels tous les jours Ceci m’a obligé à prévoir un nouveau vélo .Mon VTC des Pyrénées et de Nice Brest est bien trop lourd pour ajouter encore du poids.J’ai donc investi dans un Gravel en carbone que je vais équiper de sacoches sur un porte bagages et deux sacoches de fourches à l’avant Je pense rouler entre 100 et 120 km par jours mais on verra bien au jour le jour …

Je donnerai plus d’infos dans quelques temps .En tout cas je sens l’excitation monter doucement…

Épilogue

Épilogue

Cette fois ci je suis au bout de ma diagonale du fou…

Plus possible d’aller plus loin ..

Je suis même allé au village du Conquet à 25 km plus à l’Ouest de Brest … ici c’est le bout de la France … j’ai pu voir ce que veut dire le crachin Breton car je l’ai essuyé sur au moins 40 km entre l’aller et le retour à Brest… brouillard et un crachin qui vous transperce les habits … je suis arrivé a l’hôtel complètement rincé. Il faut dire que c’est le seul moment humide de mon périple et finalement il valait mieux qu’il se produise au dernier jour … et puis la Bretagne est aussi belle dans ces moments là ( bon c’est ce que je me suis dit pour me remonter le moral car sur le vélo j’étais pas fier )

J’aurais donc parcouru 1580 km en 11 étapes + le bonus autour de Brest …

Quand on termine un périple aussi intense on ressent une sorte de coup de mou général

( physique et mental ) mais beaucoup d’images me reviennent à l’esprit …

Tout d’abord je n’ai eu aucun pépin mécanique : merci mon cher vélo, mon compagnon de route, tu as été extraordinaire… par moment j’avais l’impression que c’était toi qui me portait au bout des étapes … même pas une crevaison ni un saut de chaîne …

Chapeau bas, tu as mérité quelques mois de repos au chaud dans ta cabane à St Jeannet … bon,moi je vais retrouver mon coursier habituel à qui je viens de faire quelques infidélités….

Pas de pépin physique non plus, une météo qui m’aura épargné ( hormis les premiers jours dans la canicule…)

Le choix de début août était finalement le bon cette année.

Je retiendrai globalement le calme et la quiétude des villes et des villages traversés … rien à voir avec l’effervescence de la Côte d’Azur … je me suis d’ailleurs demandé pourquoi les villes ( je ne parle pas des villages) étaient aussi peu bruyantes par rapport à une ville comme Nice ( mais c’est la même chose pour Cannes Antibes ou Monaco ) Et bien j’ai trouvé : il n’y a quasiment pas de scooters ou de motos dans les villes où je suis passé et cela fait une différence sonore énorme que j’ai d’ailleurs de plus en plus de mal à supporter .

L’autre réflexion qui me vient c’est la tristesse qu’on ressent dans beaucoup de villages : il y a peu de commerces ouverts ( sans doute le mois d’août a accentué l’effet ), peu ou pas de café alors qu’ils sont un peu le cœur de vie des villages ..

Je ne dirais pas que les villages se meurent mais ça y ressemble.

Le troisième point c’est la faible présence de touristes sauf très ponctuellement et en journée comme à la Chaise  Dieu ou au Conquet … ( ah se promener seul à la Chaise Dieu ou Aubenas après le dîner …. )

Il y a d’ailleurs surtout des touristes Français et peu d’étrangers, cela me change de Nice où c’est l’inverse …

Cette traversée en diagonale de la France aura donc été bien sûr une épreuve physique ( 140 km/ jour ) mais cela aura été également une plongée dans la France où on ne s’arrête pas beaucoup,la France des routes départementales et de la ruralité ( un autre point m’a marqué : il y a des cultures partout, on se demande même si il reste encore des friches en France ) .

Je rentre donc sur Nice via Paris … je vais retrouver les touristes, les scooters et les Klaxons de la Côte d’Azur.

Heureusement il existe un arrière pays tout aussi paisible et magnifique que les régions que je viens de traverser .

Et je ne l’ai pas encore complètement exploré : il me reste quelques villages perchés en cul de sac à découvrir..

Je vais d’ailleurs m’y atteler dès la semaine prochaine…

Un dernier mot en guise d’immense remerciement à tous les donateurs pour Cirkosud … après un début difficile, la collecte a enfin décollé mais elle continue encore quelques temps ..

Alors faites le savoir autour de vous car cette association en vaut la peine …

Alors vive le vélo et vive Cirkosud ( j’allais dire vive la France mais je le laisse à d’autres même si je le pense aussi …)

Étapes 10 et 11 : le canal …

Étapes 10 et 11 : le canal …

Je n’ai pas écrit depuis 2 jours et je vais vous parler de mes 2 étapes Bretonnes le long du canal de Nantes à Brest .je suis parti de Redon après ma journée de repos et j’ai roulé jusqu’à Pontivy soit 113 km entièrement le long du canal . C’est très reposant car on ne voit ni n’entend aucune voiture ou moto et ce pendant 6heures

Le chemin de halage est désormais réservé aux vélos et aux piétons .

Il s’agit d’ailleurs d’une partie de la Vélodyssée , la piste cyclable qui relie Roscoff à Hendaye ( 1200 km ) . Entre hier et aujourd’hui j’ai suivi le canal sur 229 km exactement soit environ les 2/3 de sa longueur totale (360km )

On ne peut pas rouler très vite car le revêtement n’est pas génial : c’est un mixte de piste en stabilisé ( assez confortable en fait ) et de vieil enrobé souvent bosselé . Il y a aussi des portions en chemin type VTT caillouteux …  

Bref la moyenne s’en ressent.

Ce canal a été construit au 19eme siècle en 50 ans ( on prenait le temps à l’époque ) et il s’agissait à l’époque du plus gros chantier de France 

Il y a 238 écluses  c’est assez dingue car ce sont de gros ouvrages pour certaines d’entre elles

On croise de nombreux vélos, souvent électriques, mais pas de cyclistes aguerris ( c’est un mélange de mamies revenant du marché et de familles genre Les Tuche font du vélo ).

Je pense qu’il faut 3 ou 4 jours pour le parcourir entièrement 

J’en ai fait les 2/3 en 2 jours mais j’étais en mode gros effort et mes fesses n’auraient pas supporté d’en faire plus ..

Mon vélo a apprécié par contre..

C’est un VTC ( vélo tout chemin ). Il a été créé pour ça et je sais qu’il a adoré car il ronronne différemment sur les chemins … 

L’étape entre Redon et Pontivy est sympa car il y a pas mal de bateaux qui naviguent sur le canal et voir les passages d’écluses est toujours spectaculaire 

A partir de Pontivy le traffic baisse et la raison est simple : le nombre incroyable d’écluses qui complique nettement le traffic. On ne voit d’ailleurs plus de bateaux ensuite … mais les paysages sont toujours aussi beaux et uniques … ce canal est une merveille. A partir de Mûr de Bretagne on s’écarte du canal et on roule pendant plus de 20 km sur une piste genre VTT … le canal s’est en effet transformé en lac grâce au barrage de Guerleand … on est dans des reliefs montagneux et il faut les franchir pour retrouver notre bon canal un peu plus loin … je l’ai définitivement quitté à Chateauneuf de Faou car continuer jusqu’à son terme m’aurait rajouté 20 à 30 km et je savais que l’étape serait déjà assez longue ( finalement j’ai fini à 160 km ) . Les 40 derniers km sont durs car on se trouve dans les monts d’Arree et il n’y a pas un mètre de plat ( j’ai même grimpé de vrais murs à 12/15 % dans des villages … )

J’étais pressé d’arriver au village de Le Faou qui se trouve au départ de la presqu’île de Crozon au sud de Brest … j’ai d’ailleurs eu droit à mes premières gouttes de pluies depuis mon départ ( sous forme de crachin très Breton) et la température est descendue à 20 degrés … difficile de penser qu’il y a de la canicule ailleurs en France ( et difficile de repenser à la chaleur énorme de mes premières étapes …)

Voilà quasiment le terme de mon périple … demain je vais à Brest mais en prenant le ferry sur la pointe de Crozon et je serai accueilli le soir chez le frère de Patrick le président de Cirkosud qui habite un village au nord de Brest 

Je redescendrai sur Brest jeudi avant mon départ vendredi pour Paris  en train …

Je viens de dépasser les 1500 km en 11 étapes ( soit 136 km en moyenne par étape )

Je finis pas tellement fatigué 

Je me suis même dit aujourd’hui après mon étape de 160 bornes que j’avais les jambes pour rouler bien plus longtemps encore ( sans doute 250 )… bref je suis hyper heureux de la façon dont tout s’est passé et j’espère que la collecte pour Cirkosud va enfin décoller car pour l’heure elle est très décevante ( c’est la seule ombre au tableau car j’aurais tellement aimé qu’elle soit à l’image de mon parcours vélo … ) cela me donne à réfléchir pour l’avenir 

Je ferai un dernier article jeudi lors de ma journée Brestoise 

N’oubliez pas :

Vive le vélo

Vice Cirkosud 

Étapes 8 et 9

Étapes 8 et 9

J’ai un peu de retard dans mes publications et du coup je vais vous parler de mes 2 dernières étapes … les plus longues de mon périple ( 159 et 153 km)

J’ai surtout aimé celle entre la Roche Pozay et Angers car je n’ai quasiment emprunté que de petites routes ( les jaunes sur la carte Michelin ) et une courte portion de nationale ( mais comme je l’ai déjà dit, les nationales sont peu empruntées, on n’a pas l’habitude quand on habite dans le sud )… j’ai donc surtout été doublé par des tracteurs ( j’en ai doublé aussi )

J’ai traversé les vignobles de Chinon pendant plusieurs kilomètres. Je ne connaissais pas la ville de Chinon , elle est vraiment magnifique avec son château qui domine la rivière La Vienne … j’ai ensuite rejoint la Loire à Montsoreau célèbre pour son château et la dame du même nom …. Et là on en prend plein les yeux jusqu’à Angers … on longe le fleuve roi de la France par sa rive gauche et c’est magique .. le fleuve est très large avec beaucoup de bancs de sable ce qui le rend dangereux pour les baignades,  mais surtout on a sur notre gauche une succession de châteaux, de maisons de maîtres, de propriétés incroyables toutes blanchies par la pierre locale ( le tufo ) …

On n’est plus dans le désert de la France mais dans la France de la richesse et de l’aristocratie… la route est très peu large et on croise (  ou on double ) des vélos de randonneurs flanqués de petites remorques …

J’ai été rejoint à 39 km d’Angers par mon ami Arnaud ( ancien directeur de l’hôpital Lenval à Nice, que j’ai connu par mon travail,  et qui est désormais directeur du CHU d’Angers …)

C’est un excellent cycliste qui n’a jamais autant roulé depuis qu’il est ici, et qui a fait cette année des courses démentes dont le Tour du mont Blanc cycliste ( 330 km et 8300 mD+ ). C’est simple il n’y a pas plus dur au monde … respect Arnaud … j’ai été accueilli chez lui comme un roi par lui et son épouse Lauriane, merci à vous deux pour votre accueil …

Le lendemain, j’ai rejoint Redon depuis Angers et cette étape n’a pas été facile . D’une part le soleil et la chaleur sont de retour ( je peux affirmer qu’il fait chaud en Bretagne, en tout cas en Bretagne intérieure) et d’autre part,  j’ai retrouvé les montagnes russes .. j’ai rejoint le départ du canal de Nantes à Brest à Nort sur Erdre mais je ne l’ai pas emprunté car j’avais encore 60 km jusqu’à Redon ( d’où une étape de plus de 150 km ) et je me suis dit que les méandres du canal allaient me rallonger de nombreux km…

J’ai donc assuré le coup jusqu’à Redon et je peux vous dire que j’étais bien content d’avoir fait ainsi ( les 20 derniers km font mal avec des bosses qui n’en finissent pas )

J’ai décidé de me reposer une journée à Redon . L’hôtel est sympa, la ville aussi,  et la piscine est ouverte cet après-midi.. presque aussi bien que Vichy, le massage récup en moins .

Demain je rejoins Pontivy en suivant le canal pendant 100% du trajet … une première …

Heureusement, mon vélo est un VTC , et rouler sur des chemins gravillonnés va forcément lui plaire …

Il me restera ensuite une étape de Pontivy jusqu’au bout du canal à Chateaulin .

Puis un ( presque ) saut de puce de Chateaulin à Brest..

Ça sent la fin mais je crois que je vais en prendre plein les yeux dans les 3 derniers jours

Vive le vélo

vive Cirkosud ( ne les oublions pas )

Jour 7 : La Roche Posay

Jour 7 : La Roche Posay

Je pense que j’ai traversé ce qu’on peut appeler le désert Français… grosso modo de Montluçon à Argenton sur Creuse … la route est en lignes droites mais n’est pas plate du tout … de vraies montagnes russes ce qui donne des dénivelés à l’arrivée …

C’est surtout très démoralisant de rouler sur de telles routes car dès qu’on atteint le sommet d’une bosse on voit au loin  la suivante . Si en plus vous avez du vent de face je peux vous dire qu’il faut un gros mental pour avancer .

D’ailleurs les kilomètres ne passent pas vite du tout

Je me suis mis à penser que si j’étais né par ici je ne serais certainement pas cycliste… j’ai eu la chance de naître dans des régions plus adaptées et plus funs pour la pratique de mon sport préféré …

Mais revenons à mon étape d’aujourd’hui. La première partie entre la Châtre et Argenton sur creuse est monotone et ressemble à la fin de l’étape d’hier . Mais elle change ensuite car elle longe la rivière Creuse et elle ressemble aux routes de nos régions ( finies les lignes droites interminables). Par contre on a du mal à apercevoir la rivière car elle est entourée de végétation… on la devine par moment.C’est une rivière très calme et pas très large qui dégage un sentiment de quiétude et d’harmonie

Il y a très peu de constructions sur ses rives … c’est une rivière 100% naturelle comme on en voit de moins en moins

La petite ville d’Argenton /Creuse m’a paru plutôt animée et jolie avec ses maisons en bord de rivière.En poursuivant ma route je suis arrivé à un gros bourg appelé Le Blanc qui m’a fait une bonne impression également.Mais à part ces 2 bourgs tous les autres villages sont mortifères … peu ou pas de boutiques et encore moins de cafés … à se demander comment il est possible de vivre dans de tels endroits ( et encore je ne suis pas venu en novembre..)

J’avais choisi de faire étape à La Roche Posay un petit village sur la rivière Creuse et j’ai eu du nez car c’est très joli, et plutôt animé .En fait c’est une petite station thermale et le siège de produits cosmétiques de renom … ma fille , ma femme , ma belle fille , mes cousines …. Toutes connaissent les produits La Roche Posay … et moi qui pensais découvrir un lieu inconnu

Demain grosse étape jusqu’à Angers (150 km) mais difficultés à priori

Je me méfie quand même car les km sont longs avec mon toutou de 20 kg …

Je serai accueilli par mon ami Arnaud qui habite Angers ( il va venir à vélo à ma rencontre le long de la Loire )

La météo est annoncée belle et chaude

Elle est pas belle la vie ?

Vive le vélo et vive Cirkosud