Turini par Moulinet
Quel bonheur de quitter le brouhaha de Nice et son carnaval et le vacarme de l’actualité anxiogène pour se retrouver dans les lacets et les routes enneigées du col du Turini … j’ai tellement écrit sur ce col que je considère comme l’endroit le plus surprenant des Alpes Maritimes et le plus bénéfique pour le mental ..il est à seulement à 47 km du vieux Nice mais on a toujours l’impression de changer de monde quand on le gravit …il faut dire qu’il se mérite .On part de 0 m pour arriver à 1607 m . Il a aussi une particularité : on peut le gravir de 4 façons différentes ( voir mon article : « anatomie du Turini »)
Mais hier c’était très particulier : la météo était splendide .. le ciel bleu,une température printanière ( 15 degrés à Nice et 8 au sommet ) et des jambes incroyables pour la période … ce qui a ajouté à cette ambiance incroyable ce sont les portions de route entièrement verglacées entre Peira Cava et le col ( plusieurs passages de quelques centaines de mètres ) … je n’étais pas serein mais en étant prudent j’ai pu passer ces passages sans encombres .
J’avais décidé de monter au Turini par sa voie la plus courte c’est à dire par Luceram et ses lacets incroyables, puis de redescendre par le versant Ouest vers la vallée de la Vésubie ( avec des vues incroyables sur le village de la Bollène et les sommets du Mercantour )
J’ai poursuivi par les gorges de la Vésubie puis je suis remonté sur St Jeannet terme de ma sortie : 108 km et 2150 m de D+ au total … le plus costaud depuis le début de l’année mais quel régal ..
C’est difficile d’exprimer le bien moral et mental que procurent ce genre de sorties
On est bien sûr fatigué mais on ressent un bien être général y compris dans son sommeil … j’ai besoin de ces sorties longues et qui m’emmènent loin de la civilisation . C’est mon moteur et j’espère que je pourrai en vivre encore pendant de nombreuses années .Certes je vois que mes moyennes sont inférieures à celles des années passés (merci Strava ) mais je me surprends encore à faire quelques belles perfs sur certains tronçons ou ascensions … cela me suffit amplement
Et dans mon catalogue de sorties dans le département, le col du Turini a une saveur particulière .. et moi je vous le dis : le Turini devrait être remboursé par la sécurité sociale ….
Voici un col méconnu de la plupart des cyclistes de la région . il faut dire qu’il est bien caché à l’intérieur de l’arrière pays Niçois . Je veux parler du col de la porte qui culmine à 1057 m . Ce col relie la vallée de la Vésubie au col St Roch qui se trouve plus au sud au dessus de Lucéram.
Cela faisait très longtemps que je ne l’avais pas gravi . Je lui avais d’ailleurs consacré un chapitre dans mes premiers tomes ( en fait mon chapitre parlait plutôt du col st Roch mais la face nord du col st Roch est également celle du col de la porte ). Deux kms séparent d’ailleurs les 2 cols c’est dire .
Je l’ai donc gravi aujourd’hui en partant de St Jeannet et en vue de finir mon parcours chez moi à Nice . Pour cela il a fallu d’abord rejoindre la vallée de la Vésubie et la remonter jusqu’à Lantosque. Le seul moment pénible est de rouler quelques kms sur la RN202 du pont Charles Albert à Plan du Var car le WE tous les Niçois montent à la neige le dimanche matin. C’est la version « les Niçois font du ski » et une file ininterrompue de voitures vous double sur cette partie du parcours . Heureusement le trafic est bien moindre dès qu’on tourne à droite dans la vallée de la Vésubie.
C’est un long faux plat qui longe la rivière Vésubie et emprunte les gorges du même nom. C’est très beau mais très froid en hiver car le soleil ne parvient pas à atteindre certaines portions très enclavées . Et encore,nous sommes déjà à la mi février, le soleil monte plus haut dans le ciel, en tout cas je ne vous recommande pas ce parcours en décembre ( je l’ai fait: c’est polaire )
Peu avant le village de Lantosque on prend à droite la route indiquée « col St Roch » et on monte au dessus de la vallée en apercevant plus bas la route qu’on vient d’emprunter … on passe par le seul lieu habité de cette route: le hameau de Loda ( qui me rappelle des souvenirs de boulot car j’ai suivi la rénovation de l’église il y a plus de 10 ans pour le compte de la commune de Lantosque )
Cette route est désertique : j’ai dû croiser 10 voitures tout au plus pendant les 14 km d’ascension. ( et aucun vélo )
Après Loda la route redescend sur 1 à 2 km, puis elle remonte assez sèchement pour ne plus s’aplanir jusqu’au col de la porte … mon appli Strava a d’ailleurs planté à ce moment là et je n’ai pas le kilométrage exact de la montée .Ce que je peux dire c’est qu’elle assez difficile . On est le plus souvent à 8 % et il y a plusieurs passages autour de 10. C’est irrégulier et très usant au final.
Le sommet du col est dans la forêt ( comme tout le parcours d’ailleurs ) . On bascule ensuite sur un faux plat descendant jusqu’au col St Roch ..j’ai choisi de ne pas descendre sur Luceram mais de remonter sur le col du Savel puis de descendre ( et remonter ) sur le village de Coaraze ( le village du soleil). Cet endroit est magnifique… on ne voit quasiment aucune maison à perte de vue .. le col St Roch est à la croisée de 4 routes : celle venant du col de la porte , celle menant à Coaraze, celle venant de Luceram, et celle montant à Peira Cava ( la plus dure ) qui constitue l’ascension la plus difficile vers le col du Turini ( j’en parle dans mon article « anatomie du Turini »).
J’adore ce lieu inhabité et presqu’entièrement sauvage situé à un peu plus de 30 km de Nice seulement.
Voilà donc une belle sortie de février
Finalement mon compteur a passé les 100 km et a approché les 1400 m de D+
Pas mal pour du vélo d’hiver